L’épuisement de l’Occident

Pour la première fois de l’histoire de l’humanité, nous vivons dans un environnement stable, tant du point de vue de la température que de l’alimentation. Les dents de squelettes d’avant la mi-vingtième siècle montrent des différences de croissance correspondant aux périodes de disette, auxquelles les individus étaient forcés de s’adapter. Les variations des température et des quantités alimentaires sollicitent les mécanismes d’adaptation du corps et de l’esprit. Cette capacité adaptative s’entretient, comme un muscle. Elle permet l’hormèse, la loi du retour à l’équilibre qui régule le vivant.

Dans nos maisons à température constante, la nourriture est abondante en permanence. Nous fuyons le chaud, le froid, dévorons des snacks remplis d’additifs, respirons un air conditionné ou pollué et nous laissons bombarder de stimuli électroniques. La léthargie dans laquelle nous entraînons notre corps le fait s’effondrer à la moindre agression. Notre capacité adaptative s’atrophie, toujours comme un muscle. C’est ce qui explique l’hécatombe de burnout, de maladies cardio-vasculaires et d’AVC, mais aussi les allergies, les intolérances, les rhumatismes, les maladies auto-immunes, l’hypertension, le diabète, les cancers, la dégénérescence cérébrale. Les maladies chroniques sont des maladies d’accumulation, des pathologies du « trop » qui délabrent nos organismes. L’installation dans une maladie chronique est une conséquence de la saturation de la capacité d’adaptation du corps.

Nous devrions remercier les jours de canicule et de grand froid car ils forcent le corps à solliciter ces mécanismes pour répondre aux changements de l’environnement. Nous devrions jeûner – jeûner signifie « ne pas manger », et non « manger léger » – régulièrement pour permettre au corps d’éliminer les toxines qui finissent par saturer l’organisme, en particulier le foie, la centrale de transformation du corps. Nous ne devrions utiliser l’électronique que pendant des tranches horaires choisies et fuir les addictions, y compris mentales et émotionnelles. Et nous devrions nourrir notre âme en nous interrogeant souvent sur l’essentiel, le sens de la vie.


« Sadhguru s’exprime sur le jeûne »